2 août 2009, par alerte-honduras

Mission Internationale de Droits de l’Homme au Honduras

Communiqué de presse numéro 3 - Tegucigalpa, 22 juillet 2009

La Mission Internationale de Droits de l’Homme au Honduras a pu vérifier sur place la véracité des plaintes qui avaient été présentées par des dirigeants sociaux et populaires, ainsi que par des maires, des candidats électoraux (aux prochaines élections municipales) et par des paysans de la communauté de Guadalupe Carney, dans le département de Colon, concernant la suppression ou la limitation de différents droits fondamentaux, actions qu’ont eu lieu après le coup d’état réalisé le 28 juin dernier, contre le président constitutionnel Manuel Zelaya.

Parmi les plaintes vérifiées, ressort en raison de sa gravité, la situation de la communauté de Guadalupe Carney où résident plus de 600 familles regroupées en 45 entreprises-associatives- paysannes. Ces personnes sont quotidiennement ménacées et harcelées par membres de l’armée de terre et de la marine honduriennes d’un côté, et par membres des forces paramilitaires de l’autre, dont on présume qu’ils sont au service de quelques hommes d’affaires, hommes politiques et trafiquants de drogue de la région qui soutiennent le gouvernement issu du coup d’état. Différentes sources affirment que ces forces paramilitaires opèrent conjointement avec l’armée et qu’ils utilisent même leur uniforme (militaire).

Aussi, sont d’une spéciale gravité les menaces dirigées, sous forme écrite, par la Chambre de Commerce et de l’Industrie de Trujillo contre la communauté de Guadalupe Carney. Cette entité de l’état demande de façon expresse l’intervention armée des forces militaires honduriennes dans la-dite communauté, signalée comme étant un bastion de la résistance contre le coup d’état, et menace de recourir aux armes par ses propres moyens si l’armée ne répond pas à sa demande. La communauté Guadalupe Carney s’est créée en 2000 lorsque des familles ce sont installées dans les anciens bâtiments du Centre Régional d’Entrainement Militaire « CREM » où les États Unis réalisaient l’entrainement des armées destinées aux affaires centraméricains, dans les années quatre-vingt.

En outre, les droits et libertés fondamentaux des journalistes présents dans cette zone, sont aussi violés, en particulier la liberté d’expression. Ainsi, par exemple, après avoir reçu l’ordre expresse de l’armée de terre et de la marine de ne pas mentionner dans les émissions de radio et de télévision des termes tels que « coup d’état », ni de publier les versions des informations données par le gouvernement constitutionnel (de Zelaya), certains (journalistes) ont été harcelés en permanence, persécutés et censurés, faisant donc l’objet de menaces téléphoniques et de coupures d’électricité et d’antenne dans leurs lieux de travail.

Nous alertons la communauté internationale, l’Organisation des Nations Unies, l’Organisation des États Américains et l’Union Européenne de la gravité de cette situation et du danger qui courent les habitants de la communauté de Guadalupe Carney, qui pourraient être victimes d’une massacre qui laisserait de trop nombreuses pertes humaines.

La Mission Internationale de Droits de l’Homme fait appel aux autorités nationales et aux organisations internationales de protection des Droits de l’Homme, en particulier à la Commission Interaméricaine de Droits de l’Homme, afin de prendre les mesures nécessaires à la protection de tous les habitants de Guadalupe Carney. De même, afin de protéger la vie et la dignité des maires de Trujillo, de Tocoa, de Bonito Oriental et de Sonaguera, ainsi que celles des candidats à la mairie (pour les prochaines élections), des députes défenseurs du gouvernement constitutionnel du président Zelaya, des dirigeants sociaux et populaires de la Coordination d’Organisations Populaires d’Aguan « COPA », des membres de la Fédération d’Organisations Magisteriales du Honduras « FOMH », des membres du Mouvement Paysan d’Aguan « MCA », et des journalistes et porte-paroles sociaux du département.

Signataires :

  • Fédération Internationale de Droits de l’Homme (FIDH)
  • Initiative de Copenhague pour l’Amérique Centrale et le Méxique (CIFCA)
  • FIAN Internationale
  • Plateforme Interaméricaine de Droits de l’Homme, de Démocratie et du Développement (PIDHDD)
  • Consulting pour les Droits de l’Homme et le Déplacement (CODHES-Colombia)
  • Suedwind-Austria
  • Alliance Sociale Continentale
  • Centre d’Études Tricontinentales
  • Association Pour les Droits de l’Homme du Pérou (APRODEH)
  • Institut d’Études Politiques sur l’Amérique Latine et l’Afrique (IEPALA-España)
  • Coordination Nationale de Droits de l’Homme du Pérou
  • Service Paix et Justice (SERPAJ-Uruguay)
  • Centre pour la Justice et le Droit International (CEJIL)